Louis Le Sénéchal

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Louis le Sénéchal

Président du Conseil général du Pas-de-Calais de 1946 à 1954. Maire de Marquise à partir d’avril 1945 et jusqu’à sa mort. Député du Pas-de-Calais.


Sommaire

État civil

Louis Charles François Le Sénéchal est né le 2 octobre 1910 à Berck. Marié, père de deux enfants. Mort le 2 mars 1977 à Suresnes (Hauts-de-Seine).

Parcours militaire

  • Réformé, il est toutefois récupéré et mobilisé en 1940, comme soldat de 2e classe. Démobilisé dans le Lot.
  • Rentré à Marquise peu avant la Libération, il milite au parti socialiste clandestin et devient le chef d'une compagnie statique de FTP.

Parcours professionnel et personnel

  • Entré à l'école normale d'Arras, il est nommé instituteur public à Marquise dans le Pas-de-Calais.
  • Militant au sein de la SFIO, Louis Le Sénéchal soutient activement, entre 1934 et 1936, les grèves des métallurgistes et des carriers, et devient secrétaire de l'Union locale des syndicats CGT de Marquise jusqu'en 1946.
  • Durant la seconde guerre mondiale, Louis Le Sénéchal, recherché par les Allemands, doit quitter la région Boulonnaise ; il entre dans la clandestinité dans les maquis du Lot, parmi les Francs-Tireurs-Partisans. A ce titre, il sera fait chevalier de la Légion d'honneur.
  • Membre de la Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-Calais (à partir de 1950).
  • Président du Comité départemental du tourisme.

Parcours politique

  • Il commence à militer au parti socialiste et dans les syndicats bien avant la seconde guerre mondiale.
  • Conseiller général du canton de Marquise à partir de 1937 et pendant près de 35 années, il succéda à Guy Mollet à la présidence du Conseil général du Pas-de-Calais de 1946 à 1954. En 1954, il ne fut pas candidat à sa succession suite à un différent politique avec son groupe. En effet, il refusa de se rallier à la position de la majorité de son parti sur la question de la Communauté européenne de défense. Cet acte d'indiscipline lui valut de comparaître le 19 septembre 1954 devant le conseil fédéral qui laissa le soin au comité directeur du parti de prendre une décision. Mais en attendant celui-ci, le Conseil général du Pas-de-Calais devait revoir la composition de son bureau. Louis Le Sénéchal annonça lui-même qu'il ne sollicitait pas le renouvellement de son mandat et présenta la candidature d'Émile Durieux.
  • Maire de Marquise à partir d’avril 1945 et jusqu’à sa mort.
  • Député du Pas-de-Calais à trois reprises (1951, 1967, 1973).

Candidatures politiques

Distinction honorifique

  • Chevalier de la Légion d'honneur à titre exceptionnel (8 juin 1947).

Éloge funèbre

À l'Assemblée nationale, son éloge funèbre a été prononcée le 12 avril 1977 :

« M. le président. Mesdames, messieurs, mes chers collègues, Louis Le Sénéchal est né le 2 octobre 1910 à Berck-sur-Mer, dans ce département du Pas-de-Calais où se sont déroulées sa vie professionnelle et sa carrière politique, l'une et l'autre étroitement enchevêtrées.

Sa carrière, celle d'un enseignant, sa conviction politique, l'adhésion au parti socialiste de l'époque, la section française de l'internationale ouvrière, qui comptait dans ses rangs beaucoup de ses collègues.

Louis Le Sénéchal entra à l'école normale d'instituteurs d'Arras et fut nommé instituteur public à Marquise . Il enseigne, il milite, il soutient activement les grèves des métallurgistes et des carriers dans ces années 1934 à 1936 qui connaissent les dures convulsions de la finissante et l'espoir menacé du Front populaire.

En 1937, voici Louis Le Sénéchal élu — c'est son premier mandat, et il est déjà important — conseiller général de Marquise, mandat qu'il conservera par-delà la parenthèse de la guerre, jusqu'en 1976.

La conduite de notre collègue pendant les années sombres fut digne de ses convictions . Louis Le Sénéchal, recherché par les occupants, quitte la région boulonnaise — ce sera son seul exil — et s'engage dans les maquis, parmi les Francs-Tireurs-Partisans du Lot. Tout cela, il le fait, sans pour autant se mettre en avant car c'était un homme d'une grande modestie — cette modestie, en quelque sorte, enveloppait, enrobait une force de volonté et de ténacité bien représentative de ce Nord tranquille, taciturne et cependant gai, qualité qu'on omet trop volontiers quand on parle de nos compatriotes de cette région de la France.

A la Libération, il rentre chez lui, à Marquise . Le voici donc, en 1945, élu maire de sa ville — il a, depuis, été constamment réélu à la mairie — et, aux élections législatives de 1951, il devient député du Pas-de-Calais . En même temps, il est porté à la présidence du conseil général, en 1946, poste qu'il garde jusqu'en 1954.

En 1956, il ne demande pas le renouvellement de son mandat, en raison d'une première alerte de santé . Néanmoins, de cette semi-retraite, il sort deux ans après, à la demande expresse de ses amis. Il est élu de nouveau député du Pas-de-Calais en 1967, réélu en 1973 et représente parmi nous avec dévouement et compétence la sixième circonscription de ce département, qui regroupe les cantons de Boulogne-Nord, Guînes, Ardres, Lumbres et Marquise.

Cependant, sa santé déclinant de nouveau, notre collègue annonça, dès le 25 novembre 1975, dans une interview à La Voix du Nord, qu'il ne demanderait le renouvellement d'aucun de ces mandats. En 1976, il se retire de la compétition pour les élections cantonales. Il rêvait de jouir de quelques années de retraite, pour s'y consacrer à sa grande passion intellectuelle, passion d'enseignant s'il en fût, l'histoire. Louis Le Sénéchal, bien qu'il ne se souciât nullement de composer un personnage, en était pourtant un, jusque dans l'apparence : il était un des Français à être resté fidèle à ce béret, naguère encore considéré comme un symbole national.

Sa pipe, ses lunettes, son sourire discret, son verbe direct, quoiqu'économe, la franchise de son caractère, cette honnêteté profonde et ce dévouement au bien public devant lequel s'inclinaient amis et adversaires, tout cela suscitait l'attachement et une profonde estime. À Mme Le Sénéchal, à ses enfants, aux amis de son groupe, j'exprime les condoléances émues de l'Assemblée nationale. »

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