Lac de Montigny-en-Gohelle

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Au début des années 1920, le lac de Montigny-en-Gohelle a été aménagé comme un véritable centre de tourisme et d'attractions sportives.

Cet équipement avait été inauguré officiellement le dimanche 21 juin 1925. Le lac avait alors une dimension d'environ 450 mètres de longueur sur 200 mètres de large. Dès son élection comme maire de la commune en 1919, Eugène Chopin, conçu le projet de valoriser le lac de Montigny-en-Gohelle afin d'attirer les touristes et les promeneurs du dimanche.

De lourds travaux durent être entrepris. Il fut nécessaire d'affermir et de consolider les rives marécageuses. On aménagea une piste cycliste de 8 mètres de largeur sur 1 300 mètres autour du lac. On aménagea également autour du lac un petit train pour le plaisir des promeneurs qui embarquaient alors pour un tour du lac d'un quart d'heure environ, allant jusqu'à emprunter un tunnel de 70 mètres de long. Il était également possible de se promener sur le lac grâce à trois canots-autos et dix barques à rames. Les travaux d'aménagement avaient nécessités cinq années de travaux.

Il fallut amener cent mille wagons de terre, trois milles wagons de schistes noir et cinquante wagon de schistes rouge.


Le casino, installé au milieu du lac, et son système d'accès


Le lac de Montigny-en-Gohelle fit les belles heures des flâneurs du dimanche, puis il y eut le déclin, rapporté ici par Le Grand Écho du Nord de la France dans son édition du 12 mai 1933 :

« Profitant d'une importante venue d'eau dans une cuvette formée par un affaissement sur une partie conséquente de son territoire, la municipalité de Montigny-en-Gohelle fit exécuter autrefois d'importants travaux destinés à donner à ce coin une allure suffisamment pittoresque pour y attirer, le dimanche, la foule des promeneurs.

On décréta qu'il s'agissait d'un lac : le lac de Montigny-en-Gohelle. C'était quelque chose d'inattendu. Un lac au milieu de notre noir paysage ! Un peu de fraîcheur dans un horizon d'ordinaire si triste…

On vint de loin pour voir. Une publicité judicieuse avait su d'ailleurs aiguiser la curiosité. Et on admira ce casino planté au milieu du lac artificiel, on s'y rendit par le transporteur aérien, on fit des promenades en barque, on dansa le soir, au bord de l'eau, dans une lumière molle dont le reflet tremblotait à chaque remous.

Le succès fut indiscutable.

On chercha à l'amplifier. On créa une piste cycliste et on organisa des épreuves sensationnelles. Nous nous souvenons d'un petit Tour de France, mis sur pied une semaine après le vrai Tour, et auquel participaient les mêmes vedettes. Les guichets fonctionnèrent ce jour-là à plein rendement...

Et puis, la situation changea. Des difficultés de toutes sortes naquirent. Nous n'avons pas l'intention de les énumérer ici. D'autant que ça n'avancerait à rien.

Nous nous contenterons d'en exposer les conséquences.

Le lac de Montigny-en-Gohelle existe encore, certes.

Mais le casino dresse maintenant au milieu du lac, sa carcasse abandonnée où les trous des fenêtres détruites sont comme des grandes plaies. Les barques rangées près du bord sont pleines d'eau ou retournées, inutilisables.

Là-bas, sous un abri dans la toiture a disparu, la plus grande embarcation ne montre plus que sa proue au fronton de laquelle on lit encore, inscrit autrefois orgueilleusement, le nom du dieu du vent.

La piste cycliste a besoin d'être arrangée. Bref, une remise en état complète s'impose, si l'on veut un jour ressuscité le lac de Montigny-en-Gohelle et ses attractions…

Nous nous sommes promenés l'autre jour autour du lac. Le calme des lieux nous a impressionné. Personne, sauf, auprès d'un petit étang, quelques placides de pêcheurs. Une faible brise soufflait, et ridait tout de même la face de l'eau. Au loin, les crassiers, le blanc clocher de l'église de Montigny-en-Gohelle, puis celui de Fouquières, puis des chevalets de mines, des cheminées…

Là-bas, la vie trépidante, celle à laquelle nous somme condamnée pour toujours. Ici, le repos, la songerie dans le silence, le délassement. Souriez. Ne vous gênez pas. Nous vous entendons dire : il ne va tout de même pas nous faire croire que le lac de Montigny a de la poésie… Nous sommes de votre avis. Le lac de Montigny n'a pas de poésie. Mais il a du charme. »


Annonce d'une animation au lac de Montigny, 1939

Sources

  • Le Réveil du Nord, 11 juin 1925 ; Le Grand Écho du Nord de la France, 12 mai 1933.
  • Le pays noir, organe-bimensuel d’information et de défense du syndicalisme indépendant, 1er juillet 1939.